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[Courrier Picard] JAUX «Ça fait rêver, mais c'est un budget»

MARIELLE MARTINEZ

Le projet d’école alternative a été présenté par deux fois au public. Dix-sept élèves, du CP à la 3e, sont déjà inscrits. Ouverture prévue à la rentrée prochaine.

 Amélie et Sébastien Carlier, psychologue et psychopraticien à Jaux, pilotent ce projet d’école, avec une dizaine de volontaires.

«  Nous accueillons beaucoup d’enfants en souffrance dans nos cabinets  », souligne Sébastien Carlier, psychopraticien à Jaux. Des propos tenus jeudi devant des parents – des mères uniquement – et des personnes curieuses de la création d’une école alternative dans la commune, à la rentrée. Dix-sept élèves, du CP à la 3e, sont inscrits.
«  Il y aura des devoirs à la maison ?  », «  Et s’il n’y a pas de colle, comment faites-vous ?  »… Autant de questions du public qui ont permis aux promoteurs de ce projet d’expliquer leurs démarches. «  Le prix de la scolarité ? Ce n’est pas tabou. On demande aux parents 100 € à l’inscription et 300 € par mois, pour une scolarité de 10 mois. On ne peut pas faire moins tant que l’on n’a pas de subventions  », souligne Amélie Carlier, psychologue à Jaux.
«  Ça fait rêver, mais c’est un budget  », regrette Charlotte, venue de Venette et mère de deux enfants, de 5 et 2 ans. «  Pour la rentrée, ils sont déjà inscrits dans une autre école. L’année prochaine, peut-être qu’ils seront ici. C’est un peu cher, mais j’imagine que quand on veut vraiment, c’est possible. »

« Il a beaucoup de colère »

Et cette maman d’ajouter spontanément : «  Mon fils aîné a beaucoup de colère ; il gère mal ses émotions. Il pourrait tirer profit d’une école comme celle-ci. Je crois que même sans cela, je serais très tentée d’y inscrire mes enfants. Je partage ce qui a été dit, notamment sur la nécessité de mettre en pratique ce que l’on apprend.  »
Dans la salle, une autre mère est intarissable sur les avantages de ces écoles différentes : Blandine Campion, qui se chargera à Jaux de l’accueil périscolaire et de l’accompagnement des enfants au potager et dans les soins donnés aux animaux de la ferme. «  J’ai un fils très timide. Il a fallu attendre la fin de l’année pour que son institutrice de maternelle entende sa voix. À la fin du CP, il ne lisait pas, mais l’Éducation nationale voulait le faire passer en CE1.  » Blandine Campion ne voit pas ça d’un bon œil. «  Gaétan avait compris les mécanismes de la lecture, me disait-on. Mais il ne les mettait pas en application. Que le déclic viendrait plus tard… Et si cela ne venait pas ?  »
Cette mère de famille choisit alors de retirer son enfant de l’école. «  On se prend de ces réflexions ! Qu’on n’aime pas son enfant ! Qu’il faut le soutenir !  », se souvient-elle, encore amère. Son intention n’est pourtant pas de déscolariser son fils, mais de le confier à un établissement hors contrat, l‘école Mère-Térésa.
Ouverte en 2009, cette école primaire d’obédience catholique, n’a pas attiré que des familles croyantes, mais aussi pour les petits effectifs de ces classes ou pour ces choix pédagogiques comme l’abandon de la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture… «  Mon petit garçon y a fait un deuxième CP. Aujourd’hui, il sourit, il est heureux d’aller à l’école, il apprend ses leçons  », se réjouit Blandine Campion.
«  Moi, je regrette d’être trop grande !  », commente une femme dans l’assistance, alors que la réunion s’achève.

Par BERGES Griselle
Le 2015-06-28 12:08:17

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